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 Les Chroniques de Fäelry ( Sandrine)

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Sandrine



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MessageSujet: Les Chroniques de Fäelry ( Sandrine)   Mar 17 Mar - 13:48

Résumé :


Peter Bridger est un jeune adolescent qui a perdu ses parents à l'âge de 10 ans.
Un jour, il découvre un étrange livre dans la librairie d'un ami de ses parents. Il se retrouve projeté dans le monde fantastique de Fäelry, un monde envahi par les forces démoniaques de la terrible Dame Noire.
Peter va de surprise en surprise et découvrir certains secrets concernant son passé.


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Sandrine



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MessageSujet: Les Chroniques de Fäelry : Prologue   Mar 17 Mar - 13:51

Les livres sont des objets vraiment étranges et mystérieux. Il vous suffit d’en ouvrir un et dés les premières lectures, vous voilà transportés dans un autre monde. Evidemment, vous n’êtes qu’un simple lecteur observateur. Il vous est donc impossible de participer à une épopée fantastique en compagnie de preux chevaliers ou d’élucider un crime à la manière d’un Sherlock Holmes rien qu’en lisant le livre. Et puis, même si vous devinez qui est le coupable, seul le héros du livre doit le découvrir par lui-même ! Vous pourrez le dire à voix haute, il ne vous entendrait pas !

Mais il arrive parfois que certains livres possèdent d’étranges pouvoirs et qu’ils vous transportent, vous lecteurs non avertis, dans des mondes incroyables où le lecteur observateur devient malgré lui le héros de l’histoire

Vous ne me croyez pas ! C’est que vous n’avez alors jamais entendu parler du monde de Fantasia, le monde imaginaire de « L’histoire sans fin » ou que vous venez d’une autre planète !
Cependant, ce n’est pas là que je vous emmène mais à Fäelry ! C’est là que Peter, le héros de cette histoire, va vivre la plus belle, la plus incroyable des aventures de son existence, avec tout de même des embûches ! Et ce n’est que le début de votre découverte de Fäelry ! Alors, tournez la page si vous voulez y aller ! Je vous y attends !
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Sandrine



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MessageSujet: Les Chroniques de Fäelry : chapitre 1 ( partie 1)   Mar 17 Mar - 13:54

La pluie tombe depuis plusieurs heures. Un jeune garçon, assis sur le bord de sa fenêtre, regarde la pluie. Son nom est Peter Bridger. C’est un jeune homme de quinze ans dont les parents sont morts dans un accident de voiture auquel il a miraculeusement survécu cinq ans auparavant. De ce jour tragique, il a gardé la cicatrice d'une brûlure au bras droit. Il a d’abord été recueilli par une tante de son père. Hélas, celle-ci n’aimait pas les enfants et au bout de quelques semaines, elle a préféré le placer dans un orphelinat tenu par madame Strataton, une femme proche de la soixantaine à la fois autoritaire, juste, douce et gentille. On peut dire qu'elle vieillit bien car c'est encore une très belle femme. La cuisine est préparée par monsieur Crocker, l'homme à tout faire. Il sait aussi bien faire un succulent repas pour une trentaine de pensionnaires que réparer une fuite d'eau ou un meuble cassé. Certains l'appellent "monsieur Bricolo" mais la plupart l’appellent juste "Chef". Il adore donner de temps à autre des petits conseils sur la vie, particulièrement sur les filles pour les garçons qui sont en majorité. Là-bas, il n'y a, environs, qu'une dizaine de filles dont celle de madame Strataton, Molly. Celle-ci est âgée de seize ans.

Au lycée, il est l'un des meilleurs élèves de sa promo. Seulement, c'est un garçon très solitaire. Il n'a, pour ainsi dire, aucun ami. Oh, il s'entend bien avec tout le monde mais il ne traîne avec personne en dehors de l'école. Et quand je dis qu'il s'entend avec tout le monde, ce n’est peut-être pas vrai. Il n'y a qu'une seule personne que Peter n'aime pas : Steven Sharx. Un petit voyou de la pire espèce. Avec sa bande, il terrorise tout le bahut. Sa proie préférée : Peter lui-même ! Pourtant, l'adolescent essaie toujours de se défendre mais il ne fait pas le poids face à cinq brutes. Et en général, cela se termine par le vol de l'argent de poche de Peter. C'est pour cette raison qu'il accorde difficilement sa confiance aux gens. La seule personne en qui il a une totale confiance est monsieur Bakkersons, un vieil ami de ses parents et accessoirement le libraire de son quartier. Il le considère un peu comme un ami et un mentor. C'est lui qui lui a donné le goût de la lecture. La librairie de monsieur Bakkersons est l'endroit où le jeune homme se sent comme chez lui. De temps en temps, il donne un coup de main au libraire lorsqu'il reçoit de nouveaux livres. La première fois que monsieur Bakkersons a vu Peter, il a eu l'impression de voir la mère de l'adolescent. Celui-ci a les mêmes cheveux blonds et les mêmes traits que sa mère ! Par contre, il a les yeux bleus de son père !

Un jour, Peter va rendre visite à Monsieur Bakkersons, le libraire du quartier. Mais laissez-moi d’abord vous décrire la ville de Peter.

Malleysdale est une ville d’environs dix milles d’habitants, située à mille kilomètres de Boston. Elle a été fondée par une colonie de puritains au dix-septième siècle. Suite à un tremblement de terre, toute la ville a due être reconstruite.

Les plus anciennes demeures ont une architecture victorienne dont l’orphelinat dans lequel vit Peter. Cet orphelinat était, au départ, un asile pour fous avant de devenir une maison de retraite au cours des années vingt. Malheureu-sement, le bâtiment a été laissé à l’abandon durant la seconde guerre mondiale. Il est ensuite devenu un orphelinat peu après la fin de la guerre car la ville ne savait pas où mettre tous ses orphelinats de guerre. On raconte que la première directrice de l’établissement était un véritable tyran et faisait régner la terreur pendant trois décennies. Fort heureusement, à sa mort, Madame Strataton a pu y remettre de l’ordre en commençant par inscrire ses pensionnaires à l’école. L’ancienne directrice les faisait travailler comme des esclaves au lieu de s’occuper de leur éducation. On peut dire aujourd’hui que Peter et ses camarades ont eu de la chance.

D’ailleurs, je peux vous dire que, depuis que Madame Strataton est à la directrice de l’orphelinat, beaucoup de ses pensionnaires ont obtenu une bourse d’étude grâce à leurs excellents résultats, ce qui n’aurait pas été le cas une trentaine d’années auparavant. Les anciens gagnent très bien leur vie désormais.

Le quartier de Dreamstreet a vu construire vers la fin des années septante de nouveaux commerces ainsi que de nouvelles habitations autour de l’orphelinat. C’est un quartier plutôt calme et sans histoire.
Alors qu'il se dirige vers la librairie, Peter aperçoit les racailles de son école entrain de martyriser Billy, un gamin de dix ans de son orphelinat. Il décide de d'interposer, ce qui n'est pas une très bonne idée. Si déjà il ne sait pas se défendre au lycée, il ne faut pas se demander quand il cherche à défendre un de ses condisciples. Mais Peter est un garçon courageux qui ne supporte pas que l’on s’en prenne un être plus faible que soi. C’est pour cette raison qu’il n’hésite pas à défendre le jeune Billy. De plus, il remarque que c'est inhabituel de voir Steven et sa bande dans son quartier. Pourquoi sont-ils là ? Ils sont plutôt du côté du centre commercial en général !

- Eh, foutez-lui la paix ! crie le jeune homme.
- Tiens, mais c'est notre ami Bridger ! s'exclame Steven. Tu n’as pas mon argent par hasard ?
- C’n’est pas le tien !

Billy réussit à s'échapper en se réfugiant derrière Peter. Deux gorilles, Jake et Nash, s'apprêtent à lui faire sa fête quand tout à coup, la police passe près d'eux. Peter ordonne au petit garçon de rentrer à l'orphelinat, ce que fait immédiatement l'enfant.

- Tu crois nous échapper Bridger ! Attrapez-le ! ordonne Steven.
Ses copains attaquent Peter. Voyant les voyous foncer sur lui, il n'a pas demandé son reste. Il aurait voulu être capable de les affronter, comme dans les scènes qu’il imagine dans sa tête, celle où il se bat à la perfection que ce soit à main nue ou avec n’importe quelle arme. Mais il n’est pas le combattant qu’il aimerait être. Il a pris ses jambes à son cou et il a filé comme une fusée. Heureusement, la librairie n'est pas très loin ! Il a juste le temps d'entrer et de se cacher derrière la porte. Steven et sa bande passent devant la boutique en continuant leur course.
- Peter ! réplique une voix masculine.
- Chut ! fait l'adolescent en jetant un œil discret à l'extérieur.
- Je vois ! Tu es poursuivi par les garçons qui viennent de passer ! Tu peux rester jusqu'à ce que tu sois sure qu'ils ne rôdent plus dans le coin !
- Merci ! C'est la première fois que je les vois dans le quartier ! D'habitude, ils sont toujours fourrés au centre commercial !
- Tu les connais ?
- Des garçons de mon lycée ! En fait, ce sont les brutes du bahut !

Soudain, le téléphone se met à sonner. Le libraire va répondre pendant que Peter regarde la pile de livres posés sur le comptoir. La plupart sont de vieux livres poussiéreux. Le jeune homme entend subitement une voix juvénile et féminine. " Elu du feu, viens en mon aide ! " dit-elle. Peter regarde autour de lui mais il ne voit personne. Par contre, son attention est attirée par un livre éclairé d'une source lumineuse sur une table à gauche du comptoir. Le garçon remarque qu’il n’y a aucune lampe au dessus de la table, ni fenêtre. Etrange ! Il n'a jamais vu l'ouvrage depuis qu'il connaît le libraire. A moins que ce soit un nouvel ouvrage que Monsieur Bakkersons aurait acquis récemment. Alors, d'où peut provenir cette lumière ? Telle est la question que se pose l'adolescent.

Le livre est assez épais. Ses reliures sont en or. Un lion rouge doré est représenté sur la couverture. Mais ce n'est pas ça qui intrigue Peter. Ce qui l'intrigue se trouve à l'intérieur. En effet, à la grande consternation du jeune homme, toutes les pages sont vides ! Comment est-il possible d'avoir dans sa librairie un livre complètement vide ?
- Remets ce livre immédiatement où tu l'as trouvé ! ordonne soudainement monsieur Bakkersons. Il n'est pas fait pour les jeunes !
Peter est surpris du ton froid et sévère qu'emploie le libraire. Cependant, en regardant à nouveau dans le livre, il s'aperçoit que les premières pages commencent à se remplir. C'est impossible ! Quelques secondes avant, elles étaient encore dépourvues de textes et d'images ! Ce livre est-il magique ?

- Où l’avez-vous eu ? demande Peter.
- Fais ce que je te dis ! Je ne veux pas que ça recommence comme il y a une vingtaine d’années ! Ce livre ne doit pas être lu !
- Alors, pourquoi l’avez-vous mis dans votre boutique ? Je peux l’emprunter ?
- Hors de question !
- Pourquoi ?
- Tu ne dois pas le lire ! Personne ne doit le lire !

Peter ne comprend pas la réaction de l’homme. D’habitude, il n’est pas réticent à ce que l’adolescent lise un de ses livres. Au contraire, il l’a toujours encouragé à lire. Peter insiste pour emprunter le livre mais le libraire refuse. C'est à ce moment-là qu'une jeune femme entre dans la boutique. L'adolescent profite que monsieur Bakkersons soit parti chercher un livre dans sa réserve pour mettre le mystérieux livre sous son blouson et filer à l'anglaise. Lorsque le libraire reporte son attention sur Peter après le départ de la cliente, il découvre que le jeune homme a disparu.

Ce dernier, une fois à l'orphelinat, va directement dans sa chambre. Par chance, il ne la partage pas avec un de ses condisciples depuis l'entrée à l'université de Kyle pour une première année en médecine. D'après madame Strataton, il a une petite amie avec il souhaite se mettre en ménage. Peter a encore de longs jours devant lui avant l'arrivée d'un nouveau pensionnaire. Il sort le livre et retire sa veste. Il observe longuement le bouquin. A un instant, il a l'impression que la crinière du lion sur la couverture flamboie de milles feux. Soudain, il pousse un ru-gissement qui a pour effet de faire sursauter l'adolescent qui lâche l’ouvrage. Mais qu'est-ce que c'est pour un livre ? Peter commence à comprendre pourquoi monsieur Bakkersons ne voulait pas le lui prêter. Ce livre doit être dangereux. Les mains un peu tremblantes, le jeune homme ramasse le bouquin. Malgré tout, il est pris d'une terrible envie de le lire. Le cœur battant, un peu effrayé aussi de ce qui va découvrir dans cet étrange livre, il l'ouvre finalement mais avec une certaine appréhension et il commence sa lecture.


Dernière édition par Sandrine le Jeu 19 Mar - 13:47, édité 1 fois
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Sandrine



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MessageSujet: Les Chroniques de Fäelry : chapitre 1 ( partie 2)   Mar 17 Mar - 13:58

Le palais de la cité de Faërhilane est d'un calme. Des gardes sont postés aux quatre coins du palais. A l'intérieur, une jeune fille aux longs cheveux bruns et aux yeux de saphir se coiffe devant son miroir. Elle s'appelle Saphianne et elle est âgée de quinze ans. Ses parents sont les souverains des hommes de Fäelry dont la capitale n'est rien d'autre que Faërhilane. Dans la chambre d'à côté, sa mère, la reine Jade, raconte une histoire à sa cadette de huit ans, Edwynne. La petite fille a des cheveux roux à la fois mi-longs et bouclés. Elle a aussi de magnifiques yeux vert émeraude hérités de sa mère. Une fois l'histoire terminée, elle embrasse sa mère et s'endort. La reine va voir son autre fille en lui souhaitant une bonne nuit. Puis, elle va rejoindre son mari sur le balcon de la salle du trône. Celui-ci est entrain d'apprendre à leur fils aîné, Aldaïr, le nom des différentes constellations que contient le ciel. Aldaïr est un jeune homme de dix-sept ans très courageux et un excellent guerrier malgré son jeune âge. Etant l'héritier du trône, il fait la fierté de ses parents et de ses jeunes soeurs qu'il aime énormément. Physiquement, il ressemble beaucoup à son père lorsque ce dernier était jeune. Tout comme lui, il a des cheveux noirs et un regard de braise; il est de grande taille et est athlétique. Tous les trois observent leur cité endormie. Ils ne se doutent pas un instant que leur vie va changer cette nuit-là.
Tout à coup, des cris perçants se font entendre dans toute la cité. Aldaïr se demande ce que cela peut être. Son père sait tout de suite ce que cela veut dire : la Dame Noire s’est réveillée et elle a déjà envoyée ses serviteurs. Un garde vient prévenir le roi que des créatures chevauchent en direction de la cité. Filiédus ordonne au garde de sonner l’alerte. Il s’agit d’une attaque des serviteurs de la Dame Noire. Le garde s’exécute.

Le jeune prince ne comprend pas qui est cette Dame Noire dont a mentionné son père, ni pourquoi elle attaque leur cité. Filiédus lui raconte que la Dame Noire est une puissante sorcière dont le rêve est de régner sur tous les peuples de Fäelry. Elle n’avait plus fait parler d’elle depuis vingt ans. On ignore pourquoi. De plus, personne ne sait d’où elle vient, ni quel est son véritable nom.
- Aldaïr, je veux que tu prennes ton cheval, que tu ailles prévenir nos alliés du retour de la Dame Noire et demander par la même occasion leur aide ! ordonne le roi à son fils. Est-ce que tu te sens capable de faire ça mon fils ?
- Oui père !

Filiédus prend son fils dans ses bras comme s’il sentait que c’était la dernière fois qu’il le voyait. La reine Jade embrasse leur fils avant de voir la gouvernante de ses filles et de lui dire de les préparer pour un départ précipité. Soudain, la grande porte à l’entrée de la cité s’ouvre sous l’effet d’une explosion. Pendant ce temps, Saphianne, alertée par les cris et l’explosion, va immédiatement chercher sa sœur sans prendre la peine de mettre son peignoir. Elle découvre une Edwynne en pleurs sous ses draps. Puis, elles entendent leur gouvernante les appeler. Cette dernière leur conseille – quoique cela ressemble plus à un ordre qu’à un conseil – de préparer leurs sacs en ne prenant que le strict nécessaire. Saphianne veut prendre toutes ses robes mais sa gouvernante l’en dissuade vite. L’adolescente se contente donc de ne prendre que trois robes simples, sa robe de nuit et quelques objets de valeurs. Quant à Edwynne, elle est aussi déçue que sa sœur à l’idée de ne pas pouvoir prendre toutes ses affaires. Néanmoins, elle est rassurée de garder avec elle sa poupée Boucle D’Or. La reine, habillée en guerrière, vient voir ses filles avant de partir se battre aux côtés de son époux. Celui-ci est entrain de mettre son armure. Les Serviteurs de l’Ombre, c’est comme cela que l’on les appelle, n’ont pas encore atteint le palais.

- Saphianne, je veux que tu t’occupes de ta sœur jusqu’à ce qu’Aldaïr vous rejoigne ! fait Jade.
- Mais maman, nous allons revenir bientôt ! N’est-ce pas ?
- Je serai tentée de te dire oui pour te rassurer mais mon cœur me dit le contraire ! La Dame Noire est très dangereuse ! Tous les enfants doivent quitter la cité sur le champ !
- Majesté, le temps presse ! s’inquiète la gouvernante.
- Quand tout sera fini, votre père et moi viendrons vous chercher !
Les deux princesses embrassent leur mère qui, discrètement, glisse une lettre dans le sac de sa fille aînée. Saphianne et sa petite sœur suivent leur gouvernante en empruntant un passage secret dissimulé dans la chambre d’Edwynne. Saphianne a le pressentiment qu’elles ne reverront probablement plus leurs parents. Et peut-être même leur frère !

Alors que l’ennemi est presqu’aux portes du palais, Filiédus se demande s’il va mourir en cette nuit terrible. Pensant à ses enfants, il réalise que leurs vies valent plus que la sienne. C’est donc épée à la main qu’il se rend dans le hall du palais où sa femme s’y trouve déjà avec quelques archers.
- Les filles sont-elles déjà parties ? lui demande-t-il.
- Oui ! Es-tu prêt ?
- On n’est jamais prêt à mourir mais si cela peut donner une chance aux enfants de vivre, alors je suis prêt à donner ma vie pour eux !

Soudain, les portes du palais s’ouvrent dans un grand bruit de fracas. Des orques pénètrent dans le hall. Le roi se met à trancher ces viles créatures avec son épée tandis que son épouse tire autant de flèches avec une telle précision. Ils se retrouvent rapidement submergés par l’ennemi qui s’avère plus nombreux qu’ils ne l’avaient pensé. Le roi voit subitement sa femme tomber au sol. Elle a reçu une flèche en plein cœur. Filiédus, fou de rage, se jette sur l’ennemi, donnant des coups d’épée par-ci par-là.
Ignorant la tragédie qui se déroule, Saphianne et Edwynne, vêtues comme des jeunes filles de condition modeste, arrivent dans la gare souterraine où des familles entières attendent après un train pour mettre leurs enfants en lieu sûr. La Dame Noire a la réputation de détester les enfants. Elle les fait, paraît-il, travailler dans des mines où ils sortent rarement vivant. Tout à coup, une terrible nouvelle tombe sur les quais : les souverains sont tombés !
- Que tous les enfants montent dans les trains ! crie le chef de gare. La Dame Noire est en chemin !
Saphianne et Edwynne sont sur le point de pleurer en apprenant la mort de leurs parents mais leur gouvernante les presse de monter dans le train. Dés qu’elles ont trouvé une cabine, elles éclatent en sanglot, Saphianne la première. Edwynne est inquiète au sujet de leur frère. Et si les serviteurs de la Dame Noire l’avaient capturé ? Saphianne sèche ses larmes ainsi que celles de sa jeune sœur. Elle la convainc qu’il va certainement bien.
- Il est bien trop rapide pour se faire attraper ! déclare la jeune fille.
- Oui ! Tu as raison !
Mais au fond d’elle, Saphianne n’est, en réalité, pas plus rassurée qu’elle.

Le voyage s'avère très long. Dans le train, alors que Saphianne cherche un livre dans son sac, elle découvre la lettre que sa mère avait laissée avant le départ de ses filles. Dans l’enveloppe se trouve un collier aussi. Celui que la reine portait souvent que la jeune fille aimait tant. Quant à la lettre, ce sont des adieux. La reine sentait que son mari et elle ne survivraient pas. Saphianne ne peut retenir quelques larmes mais elle se reprend tout de suite, ne voulant pas que sa jeune sœur s’inquiète. Elle range en vitesse la lettre dans son sac et prend son livre. Quant à Edwynne, elle s'ennuie beaucoup sans ses jouets. A côté d'elle, la petite fille remarque un jeune garçon au regard triste. Elle n'avait pas fait attention à lui depuis leur départ du train de la gare. Il a de courts cheveux foncés et des yeux vert émeraude. Son nom est Niathär. Son père était soldat pour le roi Filièdus III. Il est mort en voulant protéger le roi des Fëelhems. Quant à sa mère, elle est morte en le mettant au monde. Le voilà donc, à treize ans, orphelin tout comme nos deux princesses. Il ignore même comment sont-elles ! Elles ont la chance de ne pas avoir fait d'apparition publique. Cela leur donne l'avantage de ne pas se faire reconnaître dans le train.

Edwynne essaie de remonter le moral à Niathär en lui faisant son plus beau sourire mais rien n'y fait ; il refuse de sourire. Saphianne, agacée par le comportement de sa jeune sœur, lui demande de rester tranquille et de laisser le garçon en paix. Lorsque le train arrive à la destination des deux sœurs, Edwynne donne une de ses peluches à Niathär. De cette façon, il n'est plus tout seul. C'est à ce moment-là qu'un léger sourire apparaît sur le visage du garçon, à la grande joie de la petite princesse. Sur le quai, une femme à l'allure plutôt sévère les attend. Miss Hitchcock est la gouvernante de Lord Tyler, un ami du père des jeunes filles. A l'extérieur, un carrosse les attende. Leur hôte vit dans une immense propriété entourée par une enceinte et non loin d'un charmant petit village. Saphianne et sa sœur sont émerveillées par la beauté des lieux. Cependant, Miss Hitchcock leur impose certaines règles qu'elles devront suivre : levé à huit heures, le déjeuné est à huit heures et demi, le dîner à midi pile et le souper à dix-neuf heures. Les deux sœurs peuvent utiliser la bibliothèque personnelle de Lord Tyler. Par contre, elles ne peuvent en aucun cas sortir au village sans sa présence. Elles sont également priées de ne pas tenir contact avec des personnes de leur cité afin de ne pas attirer la Dame Noire vers elles. De toute façon, elles ne voient pas avec qui elles garderaient contact car elles n’ont pas le moindre ami.

A l’intérieur du manoir, les deux sœurs découvrent une très vaste collection d’œuvres d’arts : tableaux, statues, sculptures, etc. Un portrait de l’ancien propriétaire des lieux trône tout en haut d’un escalier en acajou. Les murs sont peints en blanc tout comme les colonnades disposées par deux de chaque côté du hall. Miss Hitchcock conduit les jeunes princesses dans leur chambre au premier étage. Le papier peint du couloir est le même sur tous les murs de chaque couloir : un ton rose magenta sur un ton noir. Sur chaque mur, il y a toujours un portrait représentant soit d’un membre de la famille du propriétaire du manoir ou soit une scène de la vie de tous les jours des différentes classes sociales.

En découvrant leur chambre, Saphianne et Edwynne sont ravies de la décoration. Elles ont chacune un lit à baldaquin, les rideaux de l’un ont la couleur vert clair du papier peint tandis que les rideaux de l’autre ont la couleur bleu clair de ceux de la fenêtre ; une étagère, une armoire et une table de nuit toutes peintes en blanc, ce qui permet à la pièce, très spacieuse, d’être forte éclairée. Sur les tables de nuit, d’étranges lampes de chevet s’y trouvent. Ce sont des lampes électriques. Elles datent de l’époque où vivait encore le grand-père de Lord Tyler. Par contre, Saphianne remarque une autre lampe étrange attachée au plafond.
- A quoi cela sert-il ? demande-t-elle à la gouvernante.
- Je n’en ai aucune idée ! Le grand-père de Lord Tyler les avait placées là pour une expérience qui a, semble-t-il, marché mais personne à part lui et monsieur ne sait comment l’utiliser ! Dépêchez-vous de vous installer ! Je suis déjà suffisamment en retard pour préparer le souper !

Pendant que les deux sœurs s’installent, la gouvernante les surveille. Elle les conduit ensuite dans la grande salle à manger. La table, grande et rectangulaire, paraît être faite pour qu’une vingtaine de personnes puissent y manger dessus. Son côté long fait face, d’un côté, aux fenêtres et, de l’autre, à la cheminée. Le bois des fauteuils est en érable, très à la mode un siècle plus tôt. Le dossier, les accoudoirs et le coussin d’assise sont d’un tissu en velours pourpre. Comme le reste de la demeure, la salle à manger contient également des œuvres d’arts dont une armure elfique datant de la période sombre pour les elfes et les fées. Une terrible guerre avait opposé ces deux peuples qui, fort heureusement, s’entendent beaucoup aujourd’hui.
La gouvernante délaisse les princesses pour se rendre en cuisine afin de préparer, enfin, le repas. Quant à Lord Tyler, il ne va pas tarder à arriver. Il a du se rendre chez un commerçant du coin pour affaire. Voilà pourquoi c’était sa gouvernante qui est venue chercher les filles. Sinon, il l’aurait fait lui-même.
Lors du souper, elles font la connaissance de leur hôte. Lord Tyler est un homme mince, à l’allure distinguée. Il a de longs cheveux noirs bouclés ainsi qu’un regard de braise et une fine moustache digne d’un mousquetaire. Il porte une de ces tenues que l’on retrouve dans certains films d’époque. C’est que, figurez-vous, à Fäelry, il n’y a pas qu’une seule mode vestimentaire. Suivant les régions ou les villages, les gens ne s’habillent pas forcément comme au moyen âge. De même que les technologies, le train par exemple, ne sont pas censées exister à une époque médiévale mais ça, vous vous en êtes surement fait la réflexion. Disons qu’à Fäelry, ils ne font jamais comme les autres mondes fantastiques et imaginaires. Il ne manquerait plus qu’ils inventent la voiture mais nous n’en sommes pas encore là.

En attendant, Saphianne et Edwynne discutent avec celui-ci. Il apprend à Saphianne qu'il est son parrain. Il leur raconte aussi que leur père et lui étaient inséparables durant leur jeunesse. Son père était le capitaine de la garde royal. Il rêvait de voir son fils un jour soldat mais Tyler n'aimait pas la vie de militaire. Il aimait mieux la vie d'aristocrate que menait son grand-père maternel dont il était l'unique hériter et aussi la vie d'aventurier.
Saphianne avoue se rappeler légèrement de lui. Elle se souvient qu'il venait à tous ses anniversaires jusqu'à ses douze ans. Elle n'a jamais compris pourquoi il n'était plus venu.
- J'avais été demandé à Jaïhonna où je suis resté trois ans. Je ne suis revenu que depuis deux mois ! Mais j'ai quelque chose à vous montrer !

L'aristocrate emmène les deux princesses dans une pièce assez spacieuse. Elle contient une longue table éclairée par deux grandes fenêtres. Il y a aussi divers jouets; une maison de poupée, une voiture d'enfants, un jeu d'échec et encore d’autres.
- La bibliothèque est juste à côté ! déclare Tyler. Il me semble que tu as reçu un jeu d'échec pour tes onze ans Saphianne ! T'es-tu entraînée depuis ?
- Bien sûre ! J'y joue régulièrement avec papa !

Le visage de la princesse s'assombrit soudainement à la pensée de son père. A son évocation, Edwynne se met à pleurer. Lord Tyler la prend dans ses bras pour la consoler. Un peu plus tard dans la soirée, Saphianne est ravie de sa journée. Elle est également heureuse de revoir son parrain qu'elle avait un peu oublié. Edwynne ne partage pas la joie de son aînée. Elle est non seulement triste que leur frère ne soit pas avec elles mais en plus, l'absence de leurs parents commence à se faire cruellement sentir.

- Ne t'inquiète pas ! Aldaïr nous rejoindra dés qu'il le pourra ! lui assure sa sœur.
Mais la petite fille a bien du mal à la croire. C'est vrai qu'elle trouve Lord Tyler très gentil. Quant à sa gouvernante, elle lui fait peur car elle l'a regarde avec des grands yeux comme si elle avait fait une bêtise.
Avant d'aller se coucher, Lord Tyler vient voir les filles. Edwynne lui demande de lui raconter une histoire, ce qu'il fait avec plaisir. Il lui raconte une de ses aventures en compagnie des elfes de Jaïhonna. Cela a pour effet d'envoyer la fillette au pays des rêves !
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Sandrine



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MessageSujet: chapitre 2 ( partie 1)   Jeu 19 Mar - 13:49

Peter est captivé par l'histoire. Il faut dire qu'il adore les histoires se déroulent dans une époque semblable au Moyen-âge et dont les personnages principaux sont des créatures fantastiques tels que des elfes, des serviteurs de l'Ombre en plus du peuple des hommes. Ce qu'il trouve bizarre, c'est le fait que des trains existent et qu’il n’y a qu’une seule personne vêtue d’une autre époque ! On ne dit même pas si ce sont des trains à vapeur ou des trains électriques comme maintenant ! Mais après réflexion, il est plus logique de dire qu'il doit s'agir de train à vapeur. Le jeune homme est tellement absorbé par sa lecture qu'il ne prend même pas la peine de descendre pour souper avec les autres pensionnaires. Madame Strataton n'est guère étonnée de ne pas le voir venir chercher son repas. Depuis le temps qu'il est dans son établissement, elle a pris l'habitude de le voir lire un livre au lieu de manger. Elle prend une assiette dans laquelle elle met le repas de l'adolescent en le plaçant sur le côté. Il n'aura qu'à le faire réchauffer au micro-onde.
Parmi quelques pensionnaires, certains n'apprécient pas que la directrice ne lui ordonne pas de venir manger comme les autres. Les mauvaises langues le traitent de "chouchou de la dirlo" ! Pourtant, Peter se plie aux règlements comme tout le monde. C'est juste que lorsqu'il lit un livre, il a rarement faim. Madame Strataton avait déjà essayé de le faire décoller d'un livre. Sans succès ! C'est pour ça qu'elle abandonné l'idée de le faire venir au réfectoire ! La littérature est visiblement plus forte que la faim dans le cas de Peter ! Sur son lit, le jeune homme se met de plus en plus à aimer Saphianne et Edwynne ! Surtout Edwynne ! Elle lui rappelle beaucoup une amie d'enfance à lui ! Il se demande comment va-t-elle ? En allant vivre à l'orphelinat, il avait été obligé de changer d'école ! Alexandra et lui étaient toujours fourrés ensemble ! Ils ne faisaient jamais rien l'un sans l'autre ! Elle lui manque beaucoup !
Tout à coup, les pages du livre se mettent à s’illuminer d'elles-mêmes ! L'adolescent ne comprend pas ce qui lui arrive ! Il se retrouve soudainement projeté dans le monde de Fäelry. Il s'attend à déparquer devant Saphianne et Edwynne. Au lieu de ça, il atterrit sur la place d'une magnifique cité, tout faite de cristal. Il remarque que les vêtements des habitants sont très colorés. Soudain, il sent une main se poser sur son épaule. Il se retourne rapidement. Une jeune femme se tient devant lui en le dévisageant, intriguée. Elle a de longs cheveux noirs ébène, des yeux bruns et d'étranges oreilles pointues. Elle porte une longue robe mauve dont les manches sont fendues. Peter comprend qu'il est en face d'une elfe.
- Vous semblez perdu ? demande l'elfe.
- Je viens tout juste d'arriver ! Quel est le nom de cette ville ?
- Sairfnir, la cité de cristal ! Souhaitez-vous que je vous fasse la visite de ma cité ?
- J'en serai ravi !
- Suivez-moi dans ce cas !
- Je m'appelle Peter Bridger ! Et vous ?
- Vardheïlla !
Vardheïlla montre tout Sairfnir au jeune homme. Celui-ci est émerveillé par la beauté de la ville. Il découvre qu'elle est entourée d'une eau si pure et si claire que l'on voit à travers. De plus, certains quartiers de la cité sont entourés de cette eau. Cela donne à l'adolescent l'impression d'être à Venise.
Alors qu'il observe l'architecture aux influences elfiques, il entend des acclamations et des cris. Il s'aperçoit qu'une foule s'est rassemblée sur la place où il est apparu. Il essaie de se frayer un chemin pour voir ce qui se passe. Vardheïlla reste avec lui. La foule s'écarte au passage d'une femme d'une grande beauté. L'adolescent n'a jamais vu une femme aussi belle qu'elle. Ses longs cheveux sont d’un blond doré et légèrement bouclé. Ses yeux sont aussi bleus que l'océan. Elle porte une longue robe blanche avec des manches transparentes. Vardheïlla explique à Peter que la femme qu'il voit n'est rien d'autre que la reine de Sairfnir. Le jeune homme se rend compte que la reine en question a elle aussi les oreilles pointues comme sa guide. Sairfnir serait-elle une cité elfique ?
Quand la reine passe prés d'eux, elle remarque tout de suite sa présence. Un sourire illumine son visage. Peter la trouve encore plus radieuse. Il tombe littéralement sous le charme de la souveraine.
- Serait-ce vous que l'Esprit de Fäelry aurait choisi pour être l'Elu du feu ? demande la reine au garçon.
- Je vous demande pardon ?
- Comment vous appelez-vous mon garçon ?
- Peter Bridger pour vous servir ! déclare l'adolescent en lui faisant une révérence.
- Vous n'êtes pas du monde de Fäelry, n'est-ce pas ?
- Non ! Je viens d'un autre monde ! Pourquoi m'avez-vous appelé "Elu du feu" ?
- Lorsqu'une personne d'un autre monde vient dans le nôtre, elle a toujours un lien avec le gardien de Fäelry !
Soudain, le ventre de Peter commence à crier famine. La reine invite le jeune homme à dîner au palais. Peter ne s'étonne pas de voir que le palais est également en cristal. Cependant, il remarque qu'à certains endroits, les murs sont tapissés. Sans doute pour donner un peu d'intimidé aux pièces. Dans la grande salle à manger, Peter fait la connaissance du prince Ménélas, le fils de la reine. Son père est mort lors d'une guerre contre les forces du mal. Le prince a de longs cheveux comme la plupart des elfes mais contrairement à sa mère, ses cheveux sont d'un blond très pâle. Il porte une tunique qui rappelle au jeune homme les tenus qu’avait le célèbre "Robin des Bois". Petit, Peter adorait jouer au justicier qui défendait la veuve et l'orphelin mais Alexandra avait tendance à lui voler non seulement le rôle mais son arc fabriqué par le père du garçon. Elle ne voulait jamais jouer les Marianne.
Le dîner se passe sans toute quiétude. Peter parle un peu de son monde. Ménélas est déçu d'apprendre qu'il n'y ait pas d'elfes dans le monde du garçon. A l'arrivée du désert, la reine devient subitement sérieuse. Peter pressent qu'elle cherche à lui parler de quelque chose d'important. D'un ton calme, elle lui demande de retrouver les filles du roi des hommes de Fäelry et de les amener auprès du roi Ursian. Selon elle, elles ne vont pas tarder à être à nouveau en danger. Peter hésite. Il sait qu'elle parle de Saphianne et d'Edwynne mais pour lui, ce qui se passe n'est qu'une histoire dont il n'est que le lecteur, voire l'observateur. Il n'est pas censé avoir de rôle dans ce livre.
- Je peux vous dire, monsieur Bridger, que si vous ne faites rien, vous risquez de vous retrouver bloquer dans ce livre ! déclare la reine.
- Que voulez-vous dire ? demande l'adolescent, intrigué.
Elle lui apprend qu'il n'est pas le premier à venir à Fäelry. Cela s'est déjà produit dans le passé. A cette époque, elle était âgée de treize ans. Quatre jeunes adolescents d'environs de son âge étaient apparus dans le jardin du palais royal : trois garçons et une fille ! Le plus vieux avait seize ans ! Son petit frère et ses amis étaient enthousiasmés à l'idée de vivre des aventures fantastiques. La reine avoue être tombée amoureuse de l'autre garçon mais celui-ci était visiblement très amoureux de la jeune fille qui les accompagnait. Le plus âgé avait refusé de participer à l’histoire et il est le seul à n’avoir jamais pu rentrer chez lui. L’adolescent se rappelle de la réaction de monsieur Bakkersons lorsqu’il avait découvert le livre dans la librairie de ce dernier. Celui-ci avait même refusé de le laisser lire l’ouvrage. Il n’a sans doute pas voulu que quelqu’un d’autre subisse le sort vécu par son frère. Le jeune homme ne savait même pas que le libraire avait eu un frère. Il faut dire qu’il ne parle pratiquement jamais de sa famille. Seulement des parents du garçon au temps de leur jeunesse ! Au sujet des amis qui accompagnaient les deux frères, étaient-ils justement monsieur et madame Bridger ?
La reine fait remarqué à Peter qu’il a les mêmes cheveux blonds et les mêmes traits que la jeune fille. Pour l’adolescent, cela ne fait plus aucun doute : monsieur Bakkersons et ses parents sont bel et bien venus à Fäelry.
- J’accepte d’aider Saphianne et Edwynne si c’est le seul moyen pour que je puisse rentrer chez moi ! dit-il finalement.
- Mère, vous ne pouvez pas lui donner une telle mission ! Ce n’est encore qu’un enfant ! intervient Ménélas.
- Eh, j’ai quinze ans ! se défend Peter.
- Raison de plus !
- C’est pour cette raison que vous l’accompagnerez mon fils ! déclare la reine.
A contrecœur, le prince accepte lui aussi. Pourtant, il reste persuadé que l’adolescent est encore trop jeune et inexpérimenté pour se battre en cas d’attaque. Le lendemain matin, tous les deux quittent la cité de Sairfnir au galop. Ils font rarement des pauses durant la journée, ce qui a tendance à énerver Peter. Il n’est pas si endurant que l’elfe pour les voyages à longues distances. De plus, à chacune de leurs haltes à la tombée de la nuit, le prince lui enseigne le maniement d’épée. Hélas pour l’elfe, le jeune homme se révèle un très mauvais élève. Il se montre donc très sévère avec lui, le réprimant à chaque faux pas ! Au levé du jour, Peter est en général très fatigué car l’elfe ne lui laisse que deux heures pour dormir. L’adolescent a du mal de profiter de ses nuits de repos. Mais le pire, c’est qu’il se fait réprimander par le prince sur sa façon de tenir un cheval. Ce n’est pas la faute de Peter s’il n’a jamais monté de chevaux de toute sa jeune vie !
Un jour, Peter fait galoper son cheval le plus vite possible. Un peu plus tard, s’étonnant de ne plus entendre Ménélas, Peter se retourne et constate que l’elfe n l’a pas suivi.
- C’est peut-être mieux ainsi ! pense-t-il.
Il se retrouve dans un désert sous une chaleur étouffante et un soleil de plomb. Le jeune homme commence à regretter son compagnon de route. Il lui cassait les pieds mais au moins, il savait où ils devaient aller. Fatigué et assoiffé, Peter tombe par terre et sombre immédiatement dans l’inconscience. Dans son sommeil, il revoit ses parents qui lui sourient et l’encouragent de ne jamais abandonner. Puis, il entend une voix, celle provenant du livre de monsieur Bakkersons. Lorsqu’il se réveille, il ne voit nulle part son cheval. Tout à coup, la voix de la reine de Sairfnir se fait entendre. Au début, il croit avoir à faire à un mirage. Il se rend vite compte qu’il s’agit bien de la reine. Celle-ci ayant le don d’ubiquité, elle sait exactement où se trouve le jeune homme. Elle lui indique le chemin en lui envoyant des images. L’adolescent se remet en route. Selon les indications de la reine, il longe une rivière en suivant le soleil jusqu’à une forêt. De là, il prend un autre chemin qui oblige le soleil à se placer sur le côté de Peter. A la tombée de la nuit, il continue à marcher. La lune au dessus de lui l’éclaire faiblement. Le surlendemain matin, en sortant enfin de la forêt, il découvre un peu plus loin un manoir entouré d’une enceinte. Cela doit être le manoir de Lord Tyler. Les rires d’une petite fille confirment qu’il est au bon endroit. En regardant de l’autre côté des grilles du portail, Peter aperçoit Edwynne entrain de jouer avec un cerceau. Cela a l’air de beaucoup amuser la fillette. Cependant, le jeune homme est trop faible pour parler et pour faire le moindre pas. A bout de force, il s’effondre littéralement sur le portail. Edwynne entend un bruit lourd tomber prés des grilles. Lorsqu’elle voit la silhouette d’un adolescent, elle court prévenir immédiatement Lord Tyler.
- Monsieur Tyler, il y a un garçon gisant par terre devant le portail ! s’écrie-t-elle en entrant dans la salle de jeux.
- Saphianne, nous reprendrons notre partie d’échec un peu plus tard ! déclare l’aristocrate d’un ton chaleureux. Edwynne, allons voir un peu ce garçon !
La petite fille conduit son protecteur vers le portail. Lord Tyler examine Peter avant de le porter dans une chambre située non loin de celle des deux princesses. Sur les ordres de Tyler, Saphianne est allée chercher Miss Hitchkoc. L’état du jeune homme inquiète l’homme. Dés qu’elle le voit, la gouvernante suggère de ne pas garder Peter au manoir sous le prétexte qu’ils ne savent pas d’où il vient. C’est peut-être un serviteur de la Dame Noire !
- Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué Miss Hitchkoc, ce n’est encore qu’un enfant ! réplique sèchement son maître. Il ne doit pas avoir plus de quinze ans ! La Dame Noire déteste les enfants ! Alors, je ne vois pas pourquoi elle aurait envoyé un jeune garçon !
L’homme n’aime guère entendre les remarques de sa gouvernante. Mais il doit bien admettre qu’elle fait son travail à la perfection.
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Sandrine



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MessageSujet: chapitre 2 ( partie 2)   Jeu 19 Mar - 13:50

La nuit est déjà tombée quand Peter se réveille. Il remarque qu’il se trouve dans une chambre plutôt spacieuse. La chaleur des couvertures n’est pas désagréable. Cela lui fait du bien d’être dans un lit douillet. Tout à coup, son estomac se met à gargouiller. L’adolescent est très affamé. Il n’a pas mangé depuis son arrivée à Fäelry… Enfin, depuis son départ de Sairfnir ! C’est vrai qu’il avait mangé en compagnie de la reine et de son fils Ménélas. Peter se demande si ce dernier est retourné dans sa cité. Bien qu’il se sent encore faible, le jeune homme tente de se lever lorsqu’une voix lui déconseille fortement de se mettre debout. Debout sur le palier de la porte, Lord Tyler observe le garçon tandis qu’Edwynne apporte un repas chaud sur un plateau qu’elle dépose sur les genoux de l’adolescent.
- Dites-moi jeune homme ! D’où venez-vous ? demande l’aristocrate en s’asseyant dans un fauteuil de velours juste à côté du lit.
- De Sairfnir ! dit Peter.
- Ah ! Comment va cette ravissante Chaendra ?
- Euh… bien !
- Il y a bien longtemps que je n’ai pas été la voit !
- Tu t’appelles comment ? demande à son tour Edwynne.
- Je m’appelle Peter Bridger !
- Moi, c’est Edwynne !
- Enchanté !
Voyant qu’ils ont l’air de sympathiser, Lord Tyler laisse les deux enfants entre eux. Edwynne raconte à Peter que leur hôte est quelqu’un de très gentil. Tous les soirs, il lui raconte une de ses aventures auprès des elfes. La fillette aimerait bien rencontrer des elfes ! D’après Lord Tyler, ce sont une des plus belles créatures qui puissent exister. Après les fées, il en va de soit ! Peter a vraiment l’impression de revoir son ami Alexandra quand ils étaient petits ! N’ayant jamais voulu grandir, Alex – c’est ainsi que Peter l’appelait – rêvait de « Peter Pan » et du monde des fées ! Ses yeux pétillaient à chaque fois qu’elle parlait des fées ! Exactement comme la petite princesse en ce moment même ! Celle-ci rajoute que sa sœur adore faire des parties d’échec avec son parrain qui n’est rien d’autre que Lord Tyler lui-même. Peter a le malheur de dire qu’il en est au courant. Cela a pour effet de titiller la curiosité de la petite fille. Heureusement pour lui, Saphianne entre dans la chambre, inquiète de ne pas voir sa jeune sœur. Dés que son regard se pose sur l’adolescente, le cœur de Peter se met à battre de plus en plus vite. Une chaleur envahie tout son corps, un nœud se forme dans son ventre et ses mains deviennent soudainement moites. Le jeune homme tombe complètement amoureux de la princesse. De toutes les filles qu’il ait connues, Saphianne est à ses yeux la plus belle de toutes !
- Ah, tu es là Edwynne ! réplique-t-elle. Tu es vraiment incorrigible ! Laisse-le tranquille ! Il a besoin de se reposer !
- Oh mais elle ne me dérange pas du tout ! la rassure Peter. Au contraire, sa compagnie me fait du bien !
- Et pan ! lâche Edwynne. Peter, je te présente ma sœur Saphianne !
- Ravie de faire ta connaissance ! fait Saphianne.
- C’est réciproque !
- Tu sais Peter ! continue Edwynne. J’ai aussi un grand frère ! Il n’est pas avec nous mais il ne va pas tarder à nous rejoindre ! N’est-ce pas Saphianne ?
- Oui !
Peter n’est pas dupe ! Il sait que malgré son sourire forcé, Saphianne ne croit pas revoir un jour son frère. Edwynne, toujours très curieuse, pose des questions à l’adolescent sur sa famille. Il leur apprend que ses parents sont morts cinq ans plus tôt.
- Et où habites-tu maintenant ? demande Saphianne.
- Dans un orphelinat ! déclare le jeune homme.
- Cela doit être un horrible orphelinat pour que tu te sois enfui ! s’imagine Edwynne.
- En fait, non ! Si je suis parti, c’est parce que je rêvais de vivre des aventures !
Il ne peut s’empêcher de sourire à l’évocation du mot « horrible » concernant l’orphelinat car ce qui est certain, s’il venait de l’époque de tyrannie, il se serait bel et bien enfui !
Pendant sa convalescence, le jeune homme a droit aux visites d’Edwynne tous les jours. Saphianne vient également le voir. Peter est de plus en plus sous son charme. Dés qu’il a l’autorisation de sortie, il accompagne les deux sœurs partout où elles vont. Cependant, contrairement à elles, il peut aller au village tout seul ! Il découvre un village où il fait bon de vivre et où tout le monde se connaît ! Bien entendu, Peter évite de parler de Saphianne et d’Edwynne. Personne au village ne sait qu’elles sont princesses ! Aux yeux de tout le monde, ce sont de jeunes nièces à Lord Tyler !
L’adolescent s’entend plutôt bien avec son hôte. Par contre, il n’apprécie vraiment pas Miss Hitchkoc ! Celle-ci essaie de le mettre à la porte ! Il se doute qu’il n’est pas la bienvenue pour elle ! Il sent qu’elle leur cache quelque chose mais quoi ? Il va bientôt le savoir !
Peter attire malgré lui les attentions des jeunes villageoises de son âge, et même des plus jeunes que lui ! Il préfère rentrer au manoir plutôt que de se faire draguer. Le soir même, une fête est organisée sur la place du village. Lord Tyler s’y rend en compagnie de ses trois protégés. Peter invite Saphianne à danser. Celle-ci refusant poliment l’invitation, l’adolescent se retrouve assailli par les jeunes villageoises qui désirent toutes danser avec lui. Edwynne vient à son secours en lui demandant de danser avec elle.
- Cette invitation ne peut pas être refusée à une charmante petite fille ! fait Peter.
- Oh non ! protestent le groupe des demoiselles.
- Ce n’est qu’une enfant ! s’exclame une.
- Sa place est dans un lit à cette heure-ci ! renchérie une autre.
- Oui ! Rentre chez toi ! Tu n’as rien à faire ici ! Ici, c’est une fête pour les grands !
Voyant les jeunes villageoises se montrer méchantes avec elle, Edwynne s’en va en pleurant. Lord Tyler tente de la consoler tandis que Saphianne va auprès de ces filles pour leur dire le fond de sa pensée.
- Vous n’avez pas honte de parler ainsi à une petite fille !
- Elle n’avait pas à venir nous ennuyer ! dirent la bande de pestes.
- Vous n’êtes que des… des …
- Des quoi Mademoiselle-pourrie-gâtée ?
- Des sales pimbêches sans cervelle qui ne pensent qu’à se trouver un mari ! lache Peter. Si c’est pour vous voir être grossières avec une enfant comme vous le faites bien remarquer, aucune de vous ne dansera avec moi !
- Mais Peter ! protestent à nouveau les jeunes filles. On s’est faite belle pour toi !
- Ben si j’avais su, je ne serais pas venu !
Tout à coup, Lord Tyler appelle Peter et Saphianne. Ils le voient porter Edwynne qui pleure toujours.
- Alors comme ça, vous faites pleurer les petites filles ! réplique l’aristocrate aux jeunes villageoises. Vous devriez avoir honte à votre âge ! A mon époque, les jeunes filles d’une quinzaine d’années étaient plus fair-play que vous quand les garçons accordaient une danse à une petite fille ! Il n’y avait aucune jalousie à ce moment-là ! La prochaine fois, soyez plus aimables avec vos cadettes ! N’oubliez pas que c’est à vous de leur montrer le bon exemple ! Hum !
- Oui monsieur ! disent les villageoises, honteuses de se faire gronder.
- Et maintenant, faites vos excuses !
- On te demande pardon Edwynne ! disent-elles en chœur pendant que la fillette s’essuie ses larmes.
- Peter, on te laisse la première danse avec elle ! Mais après, ce sera notre tour ! fait une blonde en dentelle rose.
- Chacune aura sa danse mais je ne veux plus de jalousie !
- Tout ce que tu veux ! répliquent-elles en chœur.
C’est ainsi que tout le monde s’amuse en oubliant ce petit incident qui a failli gâcher la fête ! Toutes les filles ont pu danser avec Peter, y compris Saphianne. Son parrain a réussi à la convaincre de lui accorder une danse. Il aurait été injuste qu’elle n’ait pas eu droit elle-aussi à sa danse en compagnie du jeune homme. Cette nuit-là, Peter a rêvé qu’il était dans un palais lors d’un bal. Il était élégamment vêtu et portait une couronne elfique en argent. Il dansait avec Saphianne qui était magnifique. Des personnes qu’il ne connaissait pas les applaudissaient. On peut dire qu’il passe une très bonne nuit !
Une semaine plus tard, Edwynne se réveille en plein milieu de la nuit, suite à des hennissements et des bruits de galop provenant de l’extérieur. Intriguée et prise d’une terrible curiosité – attention, la curiosité est un vilain défaut – la petite fille se lève en prenant une bougie avec elle. En allant vers la fenêtre d’où elle a une vue sur le portail, elle aperçoit la silhouette d’un cavalier. Persuadée qu’il s’agit de son frère, elle va prévenir sa sœur avant d’aller réveiller Peter en explosant de joie. Le pauvre garçon, qui rêvait de Saphianne, se demande ce que lui veut la fillette.
- Mon frère est là ! Mon frère est là ! crie-t-elle.
Saphianne vient d’entrer dans la chambre de Peter. Elle semble sceptique à l’idée que son frère les ait retrouvées ! Peter est du même avis ! Il a encore en tête la conversation qu’il avait eue avec la reine Chaendra. Si les filles courent un grand danger, cela risque de ne pas tarder ! Et si Miss Hitchkoc était au service de la Dame Noire sans que Lord Tyler soit au courant ? Non, c’est un peu grotesque comme hypothèse !
Voyant que personne ne la prend au sérieux, Edwynne s’enfuit en pleurant. Inquiets, Peter et Saphianne courent après elle pour la rattraper. Ils la découvrent en larme dans les bras d’un Lord Tyler ne comprenant pas ce qui se passe.
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