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 Pierrot et l'Humanité

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Narcisse

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Age : 29
Date d'inscription : 10/09/2008

MessageSujet: Pierrot et l'Humanité   Mer 10 Sep - 23:33

Il était une fois... Oh ! Et puis, non ! Certes, sa vie était une histoire, une fable, un conte, mais il n'allait tout de même pas débuter par les formules d'usage. Qu'en dirait Jean de La Fontaine ? Il se retournerait dans sa tombe. Et puis, c'était quoi cette manie de débuter par une phrase aussi simple, aussi vague et nébuleuse, mais à la fois si éloquente ? Certes, le lecteur savait que c'était un conte et que cela allait nécessairement se terminer d'une bonne façon pour notre héros. D'une autre côté, c'était si difficile de connaître exactement quand se déroulait l'histoire. Et puis, il y avait les banalités : la sorcière, les méchants frères, un géant et sa femme si gentille, une princesse endormie pour l'éternité, un prince charmant sans failles... Pourquoi s'embourber, s'enliser plus profondément dans l'absurdité ? Ah ! Ces écrivains ! Toujours capricieux, jamais ambitieux. Bon, quoiqu'il en soit, il serait tout de même intéressant de savoir ce que sont devenus ces héros des temps perdus.

Transportons-nous donc dans une forêt bordant un pays fort lointain, un endroit sans nom, sans histoire, sans morale, un endroit plein de mystères, de secrets, de féerie. Donc, cette forêt dont la verdoyante et épaisse végétation empêchait le soleil de pénétrer par ses feuillages, les rayons plus puissants que les autres striant le boisé en mèches d'ange éparses, était le principal endroit que fréquentait notre héros aguerri. Déambulant sans but sur un sentier de dalles blanches, semant derrière lui sa seule et unique pitance, notre personnage principal dans son environnement naturel. Nous le nommeront Pierrot.
Petit et replet, un ventre bien rond, le jeune Pierrot était un vrai vagabond. Parcourant les forêts, les landes et vallées, il avait trouvé réconfort en cette contrée. C'était donc par un bel après-midi ensoleillé, que Pierrot s'était aventuré sur ce sentier le menant au village. Il s'y rendait rarement, préférant vivre seul dans sa masure de bois très rustique. Mais, le manque de pitance l'avait poussé, par ce bel après-midi ennuagé*, à se rendre au marché pour y trouver de quoi manger. Une chanson fredonnée à la bouche, il atteint le village le ventre s'étalant en doléances. Voyant le boulanger, il s'adressa à lui :

« Monsieur, mon bon monsieur, un peu de charité pour un homme affamé ? »

Le boulanger demeura froid, lui claqua la porte au nez. Se tournant vers l'échoppe du charcutier, il approcha de sa porte et lui demanda :

« Monsieur, mon bon monsieur, un peu de charité pour un homme affamé ? »

Même rangaine. Et notre héros se retrouva devant une porte de chêne laqué. Tentant le tout pour le tout et sentant ses forces l'abandonner, il se rendit auprès de l'aubergiste et l'implora, atteré :

« Monsieur, mon bon monsieur, un peu de charité pour un homme affamé ? »

Un ricanement de l'aubergiste et une troisième porte fermée. Se sentant tout triste et éperdu, le pauvre Pierrot s'effondra sur le parvis de l'église à côté. Voyant la détresse d'un de ses paroissiens, le curé sortit en courant, recueillit le pauvre affamé et lui donna à manger. Heureux et repu, Pierrot ne put s'empêcher de demander :

« Monsieur, mon bon monsieur, un peu de charité pour un homme affamé ? »

Le curé, outré qu'un homme abuse des bonnes choses, lui chauffa les fesses et le foutu à la porte. Triste et seul et la nuit tombée, le pauvre Pierrot de l'humanité dégoûté se trancha les veines devant la porte du boulanger, dans l'espoir que celui-ci soit un peu plus sensibilisé au malheur des gens qui se trouvent dépouillés et seuls devant leur envie et leur avidité.

Morale de cette histoire ?
L'être humain trempe ses lèvres dans les pêchés capitaux
Même les hommes d'église sont de vrais badauds...

* Veuillez noter que le changement subit de température n'est pas une erreur, mais est bien volontaire. Caprice d'auteur, je suppose.

Narcisse

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